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le numéro 68, été 2005 - 17e année, no 4

En vente depuis juin dernier, le numéro estival (volume 17 numéro 4) de MAGAZIN'art se fait imposant avec ses 178 pages.

Vous pourrez y faire la rencontre d’une dizaine d’artistes canadiens dont Artiste Langdon Art, Albini Leblanc, Réjean Dallaire, Denise Custeau, Gilles Labranche, Yvonne Tschirky-Melançon, Wesley Rickert, Raynald Leclerc, W. David Ward, Michel Boisvert, Robert Genn, et Cecil Buller (1886-1973).

 

 Au sommaire

Cinq galeries, cinq histoires - Les galeries présentées dans cet article partagent beaucoup d’attributs mais affichent aussi de grandes différences. Elles sont toutes situées dans des bâtiments dont la vocation première a été convertie – résidences d’antan ou plus récentes, et ce depuis peu d’années. Quatre sont installées en banlieue des grands centres, alors que la cinquième est aménagée dans un arrondissement de Gaspé.

Les Galeries d’art La Palette, Vigneault, Le Castelet, Marie-Josée Gagnon et la Villa des Arts Lilliane Bruneau ont toutes un point commun, soit celui de vous accueillir avec énormément de cordialité.

Le mystère Artiste Langdon Art ou le monde à l’envers - Artiste Langdon Art a des opinions bien campées sur les gouvernements, les Conseils scolaires, la jeunesse et la médecine. Il apparaît aux yeux de Magazin’Art comme un homme bien « différent » des artistes interviewés jusqu’à maintenant.

La marginalité rejoint aussi l’identité de l’artiste, qui se présente sous le nom de Artiste Langdon Art. L’homme d’une soixantaine d’années est né dans une famille modeste d’un père qui était débosseleur d’automobiles, métier qui allait inspirer le jeune Artiste Langdon Art. En effet, le père conservait les fonds de peinture qu’il mélangeait ensemble et la couleur rouge cerise marqua l’inspiration de l’artiste. Aujourd’hui, il raconte : «Une peinture est la bonne âme guérissante pour devenir heureuse et heureux, même deux fois par ma peinture!! »

La tôle émaillée : fantaisie de formes et de couleurs - Dans cet article, les antiquaires Michelle et Robert Picard nous présentent de belles découvertes en ce qui concerne la tôle émaillée. Aujourd’hui très prisée des collectionneurs, elle offre un vaste choix de découvertes intéressantes.

pubEn effet, les méthodes d’émaillage ont beaucoup varié au cours des derniers siècles, donnant naissance à trois grandes familles d’émaux : les cloisonnés, les émaux champlevés et les émaux peints. L’émaillerie consiste à fondre sur le métal une couche de verre qui le protège et l’ornemente. C’est à partir de 1850 que la tôle émaillée a inondé le marché mondial. Aujourd’hui, l’émaillage maintient sa suprématie dans la production d’appareils électroménagers, de baignoires et de lavabos.

Les Haidas, une renaissance culturelle - L’art du nord des côtes de l’occident est aujourd’hui bien vivant, avec les Haidas au premier rang comme meilleur représentant. Mais au début des années 60, on a cru que l’art indigène de la côte nord-ouest était en décroissance et ne convenait qu’à l’industrie du tourisme.

Dans cet article, Noel Meyer nous présente principalement des artistes de la nation haida avec l’un de ses sculpteurs les plus réputés : Bill Reid. L’art traditionnel haida est un vrai livre ouvert sur l’histoire spirituelle et mythologique de cette nation. En effet, les Haidas possédaient une vigoureuse culture et les objets utilitaires du quotidien étaient alors richement décorés d’images racontant l’histoire mythologique de la nation.

Albini Leblanc: S’allier au mirage des perceptions -Albini Leblanc fait sans aucun doute partie des artistes de l’évasion, raconte le rédacteur Michel Bois. Depuis plus de vingt ans, l’artiste cherche à venir à bout de la montagne, du temps qui passe et de l’architecture de la ville aux reflets changeants dans les flaques d’eau.

Pour l’artiste originaire de la Gaspésie, c’est à Québec dans les années 70 qu’il viendra s’établir pour faire des études en enseignement de l’éducation physique. Parallèlement à sa profession, il entamera une étude personnelle de la peinture pour finalement y découvrir une véritable vocation. Il abandonnera par conséquent son univers scolaire pour s’y consacrer pleinement.

Réjean Dallaire: Prêter son âme… tout simplement - Ce fut une magnifique rencontre pour notre rédacteur Antoine Tardif avec l’artiste Réjean Dallaire. Un homme chaleureux originaire du Lac-Saint-Jean, qu’il se plaît lui-même à qualifier de famille de « patenteux » et de « hasardeux ».

Dallaire n’est pas seulement un peintre mais il est aussi un poète, avec ses magnifiques portraits aux saveurs de la tendre enfance. Ses œuvres sont d’ailleurs très prisées par les collectionneurs. « Que la vie lui soit douce ou hostile, il s’agrippe à son art dans la pureté et l’altruisme. » Car Réjean Dallaire est ainsi, débordant de cette belle sagesse acquise par tous « ces orages qui détruisent mais renouvellent. »

Michel Boisvert: Rêve de liberté - Rien n’est impossible! Voilà le discours de ce charlevoisien d’adoption originaire de Trois-Rivières. Petit, il avait déjà le dessin facile. Possédant plusieurs cordes à son arc d’artiste, il est aussi musicien à ses heures. Il débutera sa carrière dans une usine à papier, où il ne se sentira pas à sa place. Il entreprendra alors des études en géographie historique. Pendant ses stages, il se retrouvera en Bretagne où il abordera l’étude des vieux bâtiments.

Il reviendra au Québec la tête pleine d’idées et la peinture prendra dès lors toute la place dans sa vie. Après avoir participé à plusieurs expositions et à de nombreux symposiums, sa carrière allait déjà bon train. Aujourd’hui, Michel Boisvert possède sa propre galerie à Charlevoix et y a installé son atelier, afin de joindre l’utile à l’agréable. Il évolue ainsi dans un univers où chaque paysage devient source d’inspiration.

Gilles Labranche: Peintre à vie - Dès son tout jeune âge, Gilles Labranche connut une passion dévorante pour la peinture. À 18 ans, il quitte pour l’Europe. Pas question pour lui de se contenter de regarder des revues d’art en rêvant de d’autres contrées! Ainsi débuta l’aventure artistique du peintre professionnel en devenir.

Au début des années 70, Gilles Labranche ouvre un atelier et réalise ses premières expositions. Au fil des ans, il se promènera ici et là, retournera en Europe et réalisera un important cheminement artistique suivant ses différentes études et observations personnelles. Comme il aime expérimenter, il n’hésite pas à se qualifier d’explorateur des techniques. Selon lui, chercher du nouveau matériel est aussi captivant que créer. Qu’il peigne une scène de Montréal ou de la Provence, l’artiste se sent à l’aise avec tous les genres.

Robert Genn: Peindre sur le mode de la joie - Le rédacteur Richard Waugh nous présente le peintre Robert Genn, originaire de Victoria, en Colombie Britannique. Reconnu surtout pour ses portraits de paysages canadiens, il a peint sur place dans huit provinces et deux territoires. Il possède un sens aiguisé de l’histoire de l’art canadien ainsi que de la forte influence de l’école nordique sur le Groupe des Sept. Par ailleurs, son besoin de découverte l’a aussi mené en Europe et en Afrique du nord.

Genn produit sur le mode du bonheur et ses tableaux sont remplis d’énergie grâce à son style frais paraissant sans effort. Peu importe le thème, on y voit jaillir un élan de l’esprit, illustrant des images extérieures dramatiques provenant de partout dans le monde.

pubCecil Buller (1886-1973)- Cecil Buller figure très certainement parmi les meilleurs graveurs de son époque, en plus d’être une pionnière de l’estampe canadienne moderne. Elle fréquenta très tôt la communauté artistique montréalaise et acquit ainsi une très bonne connaissance des arts. Elle profita également de plusieurs voyages en Europe pour approfondir son savoir.

Sensible aux discours plastiques de la modernité, l’artiste adoptera une approche naturaliste dans sa recherche de transcendance à travers une opposition des principes masculins et féminins. Cecil Buller aura su offrir des œuvres uniques et modernes dont le vocabulaire graphique fort et la composition originale valent la peine qu’on s’y attarde afin de provoquer en nous des questionnements encore justes et pertinents aujourd’hui.

Denise Custeau: Faire confiance à la vie - L’artiste Denise Custeau fait partie de ces gens qui ont raison de faire confiance à leur instinct. Après avoir pendant plus de 20 ans exploité son propre commerce d’encadrement professionnel et de matériel d’artiste, elle décide de changer sa vie. Ainsi, ne suivant que son instinct, elle fera l’achat d’une petite demeure à la campagne.

Elle suivra le même chemin alors qu’elle entreprendra des cours de peinture à l’huile : elle ne restera pas longtemps à copier des modèles et voudra exploiter davantage son potentiel. Elle s’émancipera donc rapidement grâce à différentes formations et développera son talent du côté de l’abstraction. En 1999, un an seulement après avoir débuté la peinture à temps plein, elle verra ses premiers tableaux présentés chez Beauchamp, à Québec.

Yvonne Tschirky-Melançon: Envolées poétiques - C’est un parcours impressionnant que celui de l’aquarelliste Yvonne Tschirky-Melançon. L’histoire nous est racontée par Lorraine P. Dietrich, qui a rencontré l’artiste sur l’Ile d’Orléans. L’artiste née à Bâle, en Suisse, se retrouve au cœur d’une famille comptant déjà plusieurs artistes. Dès son jeune âge, on admire déjà son talent.

À cause de la réticence de ses parents à lui laisser faire ses Beaux-Arts, la jeune femme orientera sa carrière du côté de l’enseignement des langues. Les années passeront et après de nombreuses péripéties, la dame fera en 1982 une belle découverte avec une démonstration d’aquarelle d’Olivier Toupin, et apprendra la technique du « wet-on-wet ». Depuis, elle a exposé au Canada et à l’étranger : aux États-Unis, au Brésil, en Italie, au Maroc et en Argentine. Son prochain projet consiste en une rétrospective de ses 25 années de peinture, qu’elle désire présenter dans la région de Québec.

Wesley Rickert: Sculpteur et peintre - Wesley Rickert est de cette trame d’artistes classés hors du commun, adoptant un concept créatif bien spécial. En effet, il y a plus de quinze ans que Rickert s’est découvert cette passion pour la création de sculptures faites d’acier soudé.

Lorsqu’il réalise ses œuvres, Rickert se met dans un contexte où celles-ci seront placées à l’extérieur. Dans cet article, il est question de sa toute dernière exposition, Extras, où il dévoile d’immenses sculptures inspirées par la forme ondulatoire de la femme et faites d’acier galvanisé soudé, puis fixées sur des plates-formes de béton. Cette idée de représenter le corps de la femme lui est venue par l’entremise de ses peintures, alors qu’il voulait conserver dans ses sculptures, la gestuelle libre et spontanée qu’il déployait lors de la conception de ses tableaux.

W. David Ward: Reflets de la nature - « L’eau est à la fois si vive et si inconsciente qu’elle produit des reflets fragmentés toujours différents. Elle contient une foule de niveaux à saisir, tant dessous qu’à la surface. Chaque projet est un défi, car à l’image de la personnalité humaine, l’eau est toujours unique. » Voilà pourquoi le peintre David Ward ne se lassera jamais de peindre des scènes d’eau.

Originaire de l’Angleterre, Ward s’est installé au Canada en 1977, en Ontario. Bien qu’il ait quitté son pays, il s’y rend au moins une fois l’an pour y passer quelques mois dans un studio. Ce coin de pays lui offre une source importante d’inspiration. Il va de soi que ses voyages autour du monde contribuent eux aussi à nourrir son imaginaire lorsqu’il peint toutes ces scènes magnifiques où l’eau frappe, coule et s’éternise sur les rochers.

Raynald Leclerc: Sculpter la lumière - « Natif de Saint-Michel de Bellechasse, Raynald Leclerc a été influencé par la mouvance des lumières d’un fleuve faisant apparaître, de mille et une manières, l’immensité des espaces à explorer tout autour. » Ses tableaux en sont assurément le reflet. Très riches en lumières qui se déploient pour donner aux couleurs des éclats féeriques, ses œuvres possèdent très certainement le parfum fluvial de son coin de pays.

Il va sans dire qu’avec un père marin, les scènes maritimes de bateaux sont rendues avec grande justice. En plus de l’influence de son enfance, sa rencontre avec Iacurto et Maurice LeBon dans le Vieux-Québec demeurera pour l’artiste, âgé de 20 ans à l’époque, une étape importante dans sa démarche artistique.