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Au sommaire
La
Stephen Lowe Art Gallery célèbre son 25e anniversaire. C’est dans les années 50 que Stephen Lowe (Lowe Won
Hang), jeune adolescent issu d’une famille modeste chinoise, décide de tenter la grande aventure et immigre au Canada avec son grand-père. En
1960, il rencontre l’amour de sa vie, Eunice, et décide de s’établir à Victoria, en Colombie Britannique.Après une heureuse rencontre avec
le directeur du Canadian Pacific Empress Hotel, il ouvre sa propre galerie à l’intérieur de l’hôtel en 1972. La Stephen Lowe Art Gallery
offre a ses clients des objets d’art, principalement importés de Chine. En 1975, Stephen Lowe s’éteint à l’âge de 37 ans.
C’est Eunice et ses enfants qui poursuivent le travail à la galerie. En 1979, la fille Anna décide d’ouvrir, avec l’aide de sa mère,
une autre galerie à Calgary. Quelques années plus tard, la famille ferme la galerie de Victoria. La galerie de Calgary change aussi de vocation et se
consacre désormais à la promotion de l’art canadien.
Aujourd’hui, cette galerie est une des plus réputées de Calgary. Elle représente plus de 70 artistes canadiens qui proviennent principalement de
l’Alberta et de la Colombie Britannique. Depuis quelques années, elle a élargi son répertoire et on peut désormais y admirer plusieurs
œuvres d’artistes du Québec, de l’Ontario et des provinces maritimes.
La
sculpture sensuelle de
Mitchell Webster. Né à Toronto en 1957, Mitchell Andrew
Webster a commencé par mener une vie de vagabond lors de sa
jeunesse, laquelle période inclut même un arrêt dans l’Armée
canadienne ainsi que 17 années passées en Alberta en tant que
manœuvre sur les chantiers pétroliers, technicien de lignes
électriques dans l’Arctique, menuisier, vendeur et homme d’affaires.
Aujourd’hui, il peint, sculpte, fait de la céramique et taille des
objets fonctionnels tels des plateaux, des cadres de miroirs et des
vases. Webster exprime son amour de la nature par des paysages
réalisés à l’huile et explore les mystères profonds de la vie sur
des toiles surréalistes et impressionnistes. Webster divise son
temps entre son chalet atelier de Sharbot, en Ontario, et son studio
à Ottawa qu’il partage avec une partenaire.
Il se définit maintenant comme un être vivant en harmonie avec la nature et l’inspiration dont il a besoin n’est jamais très loin de lui.
« Si je me sens bloqué au niveau créatif ou si je m’ennuie, tout ce que j’ai à faire est de regarder par la fenêtre, de faire une
promenade ou de sauter dans mon canot pour aller voir les loutres, les huards et les balbuzards pêcheurs. » Inspiré par la grande complexité des
relations humaines, Webster produit des œuvres d’art figuratives provoquant des pensées sensuelles. Il s’efforce d’y combiner
le yin et le yang en exprimant l’équilibre et l’harmonie par le contraste entre les surfaces géométriques dures et les lignes douces et
sensuelles. La beauté du corps humain se trouve ainsi en équilibre avec les éléments naturels de la terre.
Jean-Pierre Lafrance: Le temps transforme. « Par ce bel après-midi de novembre à Saint-Denis-sur-Richelieu, la rivière miroite paresseusement. Le temps semble aussi vouloir ralentir, Mais
il n’en est rien et les deux heures passées en compagnie de Jean-Pierre Lafrance fuient à toute vitesse». C’est ainsi que Michel Beauchamp
débute son article sur cet artiste reconnu mondialement. « À l’écouter me raconter sa vie, ses expériences, m’exprimer ses idées sur
l’art, le temps transforme les minutes en secondes, les heures en minutes. Le temps transforme, dit le peintre. Il a raison».
« Malgré la reconnaissance acquise mondialement, malgré la notoriété qu’il a connue lors de ses séjours prolongés à l’étranger soit en
Californie, en Espagne ou au Mexique, l’artiste reste simple, attaché au Québec et à ses gens. La seule chose qu’il souhaite, c’est
de pouvoir continuer à créer, peu importe le lieu. La créativité, c’est une nécessité dans la vie, dit-il ».
La Céramique de Beauce. Le nom de
Céramique
de Beauce évoque, pour la plupart des familiers de cette entreprise, une importante production industrielle de pièces utiles ou décoratives en rapport
avec le mode de vie de la 2e moitié du XXe siècle. Ironiquement, le Syndicat des céramistes paysans de la Beauce a vu le jour dans la foulée
de la revalorisation des arts domestiques, qui avait justement pour but de contrer les effets néfastes de la fabrication en série qui déshumanise le
travail des ouvriers. L¹histoire de cette industrie, laquelle fût florissante durant une cinquantaine d¹années, est absolument unique. En 1930, le
ministère de l¹Agriculture du Québec institue l¹École des arts domestiques pour stimuler l¹économie des campagnes et contrer l¹expansion
irrationnelle du machinisme. Avec le recul, cette expérience apparaît comme une version québécoise du mouvement
Arts and Crafts, adapté à la ruralité d¹ici.
Céramique de Beauce devient, en 1973, la plus grosse entreprise du genre au Canada. Ses 135 employés, produisent annuellement 2 300 000
pièces(lampes, vaisselle, vases décoratifs, cendriers). Arrive janvier 1974. C’est la catastrophe : l¹usine est détruite par le feu. L¹année
suivante, on reconstruira l’ensemble selon une technologie plus performante. Cependant, suite à la concurrence croissante des manufactures étrangères,
surtout japonaises, qui entraîne de graves difficultés financières, la compagnie sera vendue en 1985. Quatre ans plus tard, ce sera la faillite et la
fermeture définitive de ce qui fût une aventure industrielle absolument unique.
Corps et âmes, un texte
d'Antoine Tardif sur Bluto, la signature de Marie Linda Bluteau. Celle-ci aurait une propension très nette à défier l’autorité et le refus de se
fondre dans un cadre préétabli, selon l’auteur de cet article Antoine Tardif. « Elle est son propre maître. Encore dans la mi-trentaine, elle a imposé
son style personnel en consacrant beaucoup de son temps à s’inventer une technique à force d’essais et d’erreurs. Bien sûr, on pourra dire que le café
est utilisé dans les arts visuels depuis bien des siècles. L’huile aussi, non? Mais Bluto a donné ses lettres de noblesse au café instantané qui sert
de base à son outil de prédilection. Elle est parvenue à créer des bijoux d’ombre et de lumière à partir d’un mélange dont elle tient à garder
jalousement le secret et qui lui permet d’éliminer complètement le noir de sa production». Les nus de Bluto sortent souvent de la terre saisie de sécheresse après une pluie violente, quelque part dans les sables du désert. Les craquelures
fascinent parfois avant le sujet même. Terre ardue et revêche mais pourtant féconde et nourricière.
Le photographe d'art
Peter Martin a été
photographe de presse pendant plus de vingt-cinq années. Il a travaillé pour The Gazette à Montréal, ainsi qu’à Toronto, Edmonton, Hong Kong et Hawaï.
Il s’est arrêté un jour pour faire le point sur l’ensemble de son travail. Le temps était venu pour lui de faire enfin ce qu’il voulait vraiment,
c’est-à-dire de la photographie portant un sens et évoquant un angle émotionnel subconscient. Faire, en somme, de la photographie en tant qu’art.
Attiré par la lumière romantique qui se dégage encore aujourd’hui des années 20 et 30 à Paris, il aime beaucoup travailler dans la Ville lumière.
Martin confie qu’il ne conserve parfois qu’une seule photo sur une cinquantaine de rouleaux de pellicule. On pourrait décrire ses clichés comme étant
à la fois riches et dépouillés, souvent réalisés en noir et blanc. Il commence par développer ses épreuves en chambre noire, puis les numérise sur
ordinateur pour finalement procéder à leur fignolage. Une texture presque palpable se dégage de ses œuvres, grâce notamment à la façon dont il joue
avec les tonalités ainsi que par le sens du mouvement qu’il réussit à leur insuffler.
Depuis 2002, son travail personnel a été exhibé lors de deux expositions solo et de nombreuses expositions de groupe aux États-Unis. La Washington
Gallery of Photography lui a remis un prix important et il a également été honoré de trois distinctions prestigieuses du Jurors Choice Awards, données
par la Fédération d’art du Maryland
Mostafa Keyhani: préoccupé de la lumière.
Mostafa
Keyhani s’est bâti une réputation internationale grâce à ses interprétations impressionnistes des édifices monumentaux de l’Amérique du Nord et de
l’Europe. Chez-nous, il a fait l’hôtel de ville du Vieux-Montréal et le Château Frontenac de Québec. Bien que ses sujets soient fascinants, la force
de Keyhani en tant qu’artiste réside dans la façon dont i les présente. Ses bâtiments luisent discrètement dans la lumière, leurs dimensions étant
méticuleusement respectées, leurs fenêtres et leurs portes, leurs tours et leurs remparts rendus avec une vigoureuse perspective.
Keyhani est né en Iran en 1954 et a suivi ses premiers cours de peinture au département des arts de l’Université de Téhéran. Il a appris à peindre
sous la lumière unique du désert, un peu semblable à celle qui attire tant d’artistes canadiens dans l’Arctique. (…) Il est arrivé au Canada avec un
porte folio bien garni. Les peintures de Keyhani transmettent une
forte impression d’histoire, ce qui peut expliquer en partie son
attirance pour les vieux édifices et les immeubles à étages.
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Louise Kirouac: force de la
composition et équilibre des couleurs. Lise Lecor Kirouac est « une femme naturelle, simple et généreuse ». Son père, un breton érudit qui avait fait le tour du monde, est
venu s’établir au Canada après avoir complété ses Beaux-Arts à Paris. Papa encourageait les discussions à la maison même si les points de vue de
Louise pouvaient parfois le provoquer. L’aîné, Paux-Tex Lecor, se dirige vite vers la peinture et deviendra celui qui l’initiera à cette discipline.
Il sera son seul professeur, orientant au départ les grandes lignes de sa composition et lui enseignant comment regarder pour trouver la perspective
offrant un aspect intéressant. C’est donc dans la foulée de son grand frère que Louise Kirouac osera, elle aussi, s’aventurer sur cette voie artistique
de manière toujours plus intense.
« Il faut avoir un coup de cœur et non pas acheter (un tableau) juste comme un élément qui s’agence bien à notre
décor. Ce doit être émotif avant tout, dit-elle ». Trouver l’endroit idéal représente ainsi une ambition qui la mènera à sillonner mille petites
routes et chemins enrubannés, au hasard de ses promenades. Pour manifester avec force les sensations dont elle s’imprègne sur place, elle affectionne
les formats de bonnes dimensions (souvent 24’’ x 30’’ ou 30’’ x 36’’), lesquels véhiculent mieux cette impression de grandeur qui émane des vastes
étendues et des larges panoramas. Le travail de Louise Kirouac permet d’immortaliser ce patrimoine unique et d’en conserver l’essence avant qu’elle ne
disparaisse complètement un jour.
John Mlacak: Une sensation des lieux. Les paysages faits à
l’huile sont assurément la force de John Mlacak, un artiste qui se plaît à peindre chacune des saisons de notre pays changeant. Ses toiles réalisées
en plein air vous convient à ressentir la grande beauté du parc de la Gatineau, de la rivière Rouge ainsi que des splendides régions des Cantons de
l’Est et de Charlevoix, au Québec. D’autres de ses œuvres reflètent les couleurs brillantes des scènes d’Ottawa-Carleton et nous font voyager jusque
dans les Maritimes, la Nouvelle Angleterre et l’Europe.
Adorant peindre à l’extérieur, Mlacak traduit sur canevas les couleurs vives et dramatiques
propres aux saisons canadiennes ainsi que les rouges et les verts vibrants des toitures des bâtiments de ferme du Québec et de leurs petits villages.
Il est littéralement fasciné par le jeu de l’ombre et de la lumière traversant les arbres et se déployant au dessus de l’écume blanche des cascades
d’eau et des rapides. Artiste à plein temps, Mlacak profite d’une demande constante pour ses toiles. Au sujet de son travail, il confie que ses
œuvres sont habituellement figuratives tout en laissant percer un haut degré d’expressionnisme personnel. Parfois, elles peuvent aussi être
impressionnistes et l’accent se trouve alors mis sur le tracé des formes et sur la couleur.
Toni Onley (1928-2004). Tony Onley est né en 1928 sur l’Île de
Man, une dépendance britannique de la Mer écossaise. Après la mort subite de sa femme, il déménagea avec ses filles à Penticton, en Colombie
Britannique, où ses parents avaient pris leur retraite. Il passa quelques années au Mexique et se remaria en 1961. Il obtint une subvention du Conseil
des arts du Canada en 1963, laquelle lui permit de renouer avec la tradition anglaise de l’aquarelle incarnée par John Cotman, David Cox, J.W.M.
Turner et Peter DeWint au British Museum.
Après son retour à Vancouver, Onley prit des cours de pilotage et acheta son premier avion. C’est en
sillonnant la province du haut des airs qu’il découvrit certaines régions qui devaient devenir ses thèmes de prédilection et caractériser son style
pour les 35 années suivantes. Loin de chercher à rendre avec précision les détails de l’environnement naturel, il tentait plutôt d’évoquer une
ambiance et de créer la sensation d’être lié à cette vision en illustrant le caractère intemporel d’un lieu grâce son art. Un des thèmes récurrents
des paysages de la côte Ouest peints par Onley est la solitude avec la nature. Onley est mort tragiquement en 2004 alors qu’il pilotait son avion
amphibie au-dessus de la rivière Fraser, en Colombie Britannique.
Pierre Patry: moments expressifs. À
48 ans seulement, Patry est déjà une figure marquante de l’art contemporain et le public lui montre de plus en plus d’enthousiasme. Ces créations sont
peintes dans son atelier, au deuxième étage d’une belle maison de 150 ans qu’il a transformée et qu’il habite depuis 1989, à Saint-Tite, au Québec. La
vue est superbe et son atelier spacieux suscite la créativité. Une immense verrière lui procure un éclairage stable venant du nord, présent même par
temps morose. Le reste de la maison est habité par des tableaux si vivants qu’on est transformé devant tant de splendeur. Pierre est un homme qui parle
avec simplicité de son art et la force persuasive de ses œuvres participe à la conversation.
Depuis 1979, il vit professionnellement de son art. Des expositions ont été tenues au Québec et à l’étranger, dont certaines en France et en Allemagne,
en plus des «Art Expo» à Los Angeles et à New York, où il a également exposé à la Jain Marunouchi Gallery. Il a d’ailleurs récolté sa part d’honneurs
et de prix. Si, comme lui, on s’abandonne complètement pour vivre le plein éclat des formes, des gestes et des couleurs, on peut constater à quel point
son abstraction reste accessible. Plusieurs y dégusteront une gastronomie visuelle, d’autres y entendront des sonorités de jazz, de musique classique
tandis que certains y verront des parentés avec les splendeurs vénitiennes.
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